Manifestation anti-Poutine à Budapest

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« L’Ukraine n’est pas une colonie ! » C’est avec ce slogan que quelque 200 personnes ont protesté dans le calme devant l’Ambassade russe à Budapest dimanche 2 mars. La manifestation était organisée à l’appel de Gordon Bajnai, chef de file d’Ensemble 2014 (opposition). « Nous demandons au gouvernement russe de retirer ses troupes du territoire ukrainien » a-t-il déclaré. A un mois des élections législatives du 6 avril, la Russie s’invite dans la campagne électorale magyare. L’opposition saisit l’occasion de tirer à boulets rouges sur le premier ministre Viktor Orbán, en raison de son rapprochement avec Vladimir Poutine. Orbán, qui ne cesse de vanter le « virage vers l’est », a signé, en janvier dernier, un énorme contrat avec le géant nucléaire russe Rosatom qui va ajouter deux réacteurs à la centrale nucléaire hongroise. Les autorités hongroises pourraient faire pression sur Poutine en refusant d’appliquer le contrat tant que le président russe ne revient pas à des méthodes pacifiques, a ajouté Bajnai.

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«C’est pratiquement la guerre, et le gouvernement hongrois ne fait rien » accuse Timea Szabo, députée du parti Dialogue pour la Hongrie, allié de Bajnai. Le ministre hongrois des affaires étrangères, qui s’est rendu en Ukraine les 27 et 28 février, a souligné qu’il fallait éviter à tout prix l’éclatement de ce pays. Mais aucune condamnation de l’invasion russe.

Un pays membre de l’Union européenne comme la Hongrie devrait prendre position avec beaucoup plus de fermeté en faveur de la liberté d’un peuple.

a fustigé Timea Szabo. “Je m’attendais à ce que notre premier ministre réagisse avec la même vigueur qu’Angela Merkel. Mais il semble que ses intérêts économiques soient plus forts que son désir pour la liberté “.

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Un étendard bleu et jaune sur les épaules, Anastasiia Polner, jolie brune de 25 ans, brandit un petit drapeau aux couleurs de son pays. Cette jeune ukrainienne, analyste financière à Budapest, affirme :

Je parle russe mais je suis Ukrainienne, je me sens Ukrainienne !

“Je viens d’Odessa, une ville multi-culturelle où Russes, Ukrainiens, Bulgares, Juifs…. cohabitent en bonne entente. D’ailleurs j’ai une double identité, étant ukrainienne et aussi d’origine juive. Ce dimanche, dans ma ville, vers 14 heures (heure locale), entre 5.000 et 7.000 personnes ont défilé pour la paix sur le boulevard en bord de mer. D’après mes amis, il y avait tellement de monde qu’on ne pouvait pas approcher le quai. Les habitants d’Odessa ne s’intéressent pas à la politique, ils vivent pour le business, le commerce… Et là, ils sont sortis en masse dans la rue parce qu’ils ne veulent pas la guerre ».
Selon la jeune femme, »la Toile est pleine de messages émanant de Russes de Russie et d’Ukraine, qui disent qu’ils ne veulent pas être embringués dans un conflit : se battre contre des Ukrainiens, ce serait se battre contre leurs propres frères. Il n’y a pas de mouvement spontané séparatiste. Le gouvernement russe envoie des bus de gens pour « manifester » en Ukraine, tout cela est organisé » estime Anastasiia. Sur la petite affichette qu’elle tient à la main, un montage photo qu’elle a réalisé, Poutine est assis sur un trône en or. Une allusion aux toilettes luxueuses de la somptueuse villa somptueuse du président Yanoukovitch. « Merci, mais l’Ukraine n’a pas besoin de vous, Mr Poutine » dit la légende.

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